EROS-ODY

Toute l'œuvre d'Ody Saban vibre d’érotisme. Aucune autre, jamais, n'a délivré avec autant de liberté la libido féminine. Elle la dresse comme le drapeau suprême d'un féminisme qui puise aux racines les plus profondes d'une culture cosmopolite synthétisée. Par naissance plus hittite et lydienne que turque, brassant les trois civilisations du Livre et les dépassant en embrassant tous les accidents, Paris est pour elle, au terme du voyage, la capitale des peuples que voulait le père Hugo.

Que la chair soit valeur suprême I Que la guerre des sexes des vieux mondes sont celle de morts qu'il faut tuer ! Le dépassement s`esquisse là dans l'egalitee de la sensualité, vers l'utopie du bonheur, où les femmes sont guides. De la militante des squatts à l'expression la plus neuve du surréalisme -- le vrai, celui où l'art est action et l'action art e Ody Saban reste une magicienne dont la peinture séduit, emporte, enivre et exalte, de la joie dans la lutte e la lutte dans la joie. Les quatre éléments et tous les règnes se mêlent sur ses toiles comme en ses dessins : les bleus et les verts sont de l'eau et du ciel ; les jaunes et les rouges de la chair et du feu solaire ; oiseaux et poissons se partagent les mêmes éléments et peuvent s'inter-habiter comme les humains fusionnent en mille étreintes. Telle est cette peinture singulière entre les singulières, où couleurs et formes font l'amour.

Michel Lequenne , 2000