Ody Saban : entre deux miroirs

En Janvier 1997, Ody Saban était à New York pour se présenter ainsi que son art à la NYC Outsider Art Fair. Un après-midi, comme une bouffée d'air passionnée (et savoureuse), elle prit possession de ma galerie avec sa performance, sa présence et son art. Il est devenu très clair avec le temps que la vie d'Ody, qui elle est, et son art sont inextricablement lies. C'est comme si elle était un poème, un vers - un univers - sur elle- même et en son sein même.

Quand elle est arrivée pour la première fois au milieu de mon monde artistique, Ody dansa à travers sa présentation. Alors, sur le sol de la galerie, son travail s'est déployé, comme sortant d'un rouleau, un serpent noir et blanc rempli de couleurs, des silhouettes, des créatures, toutes reliées, une chose en amenant une autre, une rencontre sexuelle avec la vie dont la progéniture a tourbillonne et s'est enlacée sur le papier.

Ody est un poète, pas seulement littéralement, mais aussi figurativement. Sa vie est sa toile ainsi que sa tabula rasa. Elle remplit les espaces vides d'êtres imaginaires qui lui parlent. Elle répond en dessinant leurs conversations et leurs conclusions, qui finissent par se mélanger avec les siennes propres. Elle joue, elle a des visions, des hallucinations. Elle utilise parfois du papier aussi fin que l'air afin que ses mondes puissent facilement flotter à travers leurs propres vies éclatantes et colorées, contenues seulement par les lignes noires qui entourent leur présence. Ces minces membranes noires comme les parois des cellules humaines, empêchent la prééminence de leurs couleurs de fuir et de se mélanger créant un organisme vague et incolore. De fait, le travail d'Ody semble toujours révéler cette organisation originelle. La répression nécessaire du flot libre des besoins élémentaires des relations humaines. Cela devient une métaphore pour l'Unité de l'existence qui est créé par la réunion de la multiplicité des deux.

Le travail d'Ody brise notre Unité en ses parties composantes - deux ou plusieurs créatures en opposition - une chose à l'intérieur d'une autre - une opposition symbiotique pour entretenir la vie. C'est ce qui rend surréaliste le corps du travail d'Ody - réunissant les opposes - le Cadavre exquis.

La danse de la vie d'Ody est exotique - un esprit libre tourbillonnant dans sa propre constitution. Enfoui au plus profond de ces lois personnelles, existe un monde à l'intérieur d'un monde à l'intérieur d'un monde à l'intérieur d'un monde qui est aussi à l’extérieur. Intérieur et extérieur, ces mondes créent leurs propres espaces uniques qui sont lies entre eux par leur Unicité (le créateur). Le oui et le non s'accouplant dans une atmosphère de peut-être. Les hallucinations d'Ody prennent la forme de nombreuses similitudes différentes - un couple de différences qui mentent ensemble des danses exotiques. La danse se déplace magiquement d'avant en arrière - vibre - à des temps différents exactement au même moment. Ody est à la fois le chef d'orchestre de ce train de pensée et le médium, le tunnel par lequel le mystère et la folie passent. Elle attend dans les coulisses comme un enfant imaginaire et orchestre leur présence.

Le travail d'Ody exprime clairement la notion voilée de l'Unité de notre dualité - la multiplicité constante de la nature humaine. Quand nous regardons le travail d'Ody c'est comme si nous nous tenions entre deux miroirs, réfléchissant à ce qui est dedans et dehors : Nous nous tenons entre deux miroirs Nous voyons nos êtres devenir un vol de corps passant à travers le soleil Nous nous demandons, lequel 2 lequel Z.

Et maintenant, retrospectivement, nous tenant entre le passe et le futur de cette oeuvre, nous avons la rare occasion de prendre le temps de reflechir et de choisir.

Phil Demise Smith

Art dealer et artiste (New York)

CATALOGUE DU MUSEE DE LA CREATION,BEGLES,1995