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ARTENSION

N° 7,Sept.oct. 2002

DES SQUARTS...AU PALAIS DE TOKYO

…Après vingt ans d’existence, les squats d’artistes s’offrent une première rétrospective au Palais de Tokyo du 10 septembre au 2 octobre 2002…Observateurs circonspects, nous nous contenteront de publier ici les avis et témoignes de quatre acteurs historiques de l’aventure squats : Luis Pasina, théoricien et poète des squats, Thibaud, artiste peintre conceptualo-politique (dont l’œuvre fut détruite lors du fameux incendie du Couvent des  Récollets), Starck, leader du mythique Art-Cloche des années 80 et Ody Saban, faible femme dans la jungle macho.

                                                                                                                              Amélie Pékin

                                            

… Ody Saban

Artiste pratiquante des squats, ex-Art Cloche

PROPOS REUEILLIS PAR FRANCOSE MONNIN

« Ouvrir un squat a quelque chose de magique. »

(…) D’abord, il faut reconnaître que dans l’étouffement et l’étroitesse de Paris, ouvrir un squat a quelque chose de magique. On découvre un monde où chaque centimètre carré a l’obligation d’être utile, une porte qui s’ouvre sur d’immenses espaces abandonnées. Les ruines industrielles sont énigmatiques, pleines de mémoire enfouie(…) On ne sait pas qui a vécu là. On se retrouve spontanément à la recherche d’une mémoire imaginaire. On s’invente des vies, on se fabrique des personnages. Ici, une magicienne impressionnante, là un sorcier incendiaire, ailleurs et partout des grands sages désœuvrés. Chacun trouve trouve à profusion des symboles, des totems, des fétiches…La mémoire des lieux se concrétise sous forme d’art, de cérémonies, de fêtes rituelles, de parures. (…) J’ai fait vivre Lilith que j’ai l’ai trouvée dans le Talmud. Elle est présentée comme la première femme qui existait, mais qui était féminine tout en étant égale à l’homme et qui vivait librement, mais qui pour cette raison aurait été supprimée par le Dieu du Talmud(…) Dans les squats, l’ambiance est terriblement macho et misogyne. Beaucoup de femmes s’en vont. Restent les esclaves qui bossent pour leur mecs…