Culture/ Arts - 1744 signes

Ody Saban, prêtresse de la Grande Déesse

              Serait-ce  la fin de sa marginalité qui s'annonce ? Avant la grande rétrospective que Bègles annonce pour le printemps, voici une grande exposition de 80 toiles et aquarelles et de 15 objets d'Ody Saban, à La Verrière. Certes ce n'est pas encore Paris, mais à une demi-heure de train sur la ligne de Rambouillet, cela vaut le déplacement.

              Cette peinture n'a pas de précédent, si ce n'est dans les traditions qui se perdent dans la nuit des temps, et non sans raison, puisque Ody, pour dépasser les trois cultures qui l'ont nourrie dans son Proche-Orient natal, s'est élevée, en découvrant Çatal Hürük (6500 ans avant notre ère) et l'Apogée de la Grand Déesse de toutes les fécondités, et en la rattachant, par court-circuit, avec le féminisme le plus conquérant, jusqu'à s'en faire en quelque sorte le Grande Prêtresse. Car c'est bien une peinture sacrée que la sienne, une cosmologie érotique à laquelle participent tous les règnes, dans une fusion de couleurs pures lumineuses. Ne dit-elle pas : «Je transforme sans cesse le monde minéral et le monde vivant. Je prête des yeux et une bouche à tout ce qui existe. Des rapports imaginaires s'établissent spontanément entre toutes choses.»

              Pour préparer son exposition, elle a, durant tout le mois d'octobre, animé trois ateliers d'initiation-rencontre, avec des personnes de tous âges, dont les œuvres sont présentées  en marge des siennes.

              Ody Saban, en sa peinture comme en ses actions semble bien une des ouvertures des plus prometteuses sur le futur.

Michel Lequenne

Espace culturel Le Scarabée, 7 bis av. du Général Leclerc, 78320 La Verrière ; jusqu'au 18 décembre (Accès SNCF Montparnasse, RER La Défense, voiture A 13 Rouen).